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Campagne 2009

Les schizophrène et la violence : halte aux idées reçues PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 22 Mai 2009 20:57

La schizophrénie fait peur à beaucoup de monde et la médiatisation des "actes de folie" commis par des personnes schizophrènes crée souvent une certaine psychose à ce sujet.

Pourtant, confirmant les dires de tous les psychiatres, une étude anglo-suédoise infirme l'idée reçue que ces patients soient plus violents que la population générale. Cependant la toxicomanie est un facteur aggravant. Cette étude, réalisée par le Dr Fazel, de l'université d'Oxford, et le Dr Långström de l'université suédoise de médecine Karolinska Institutet, a portée sur le taux d'acte de violence réellement commis par plus de 8000 personnes diagnostiquées comme schizophrènes entre 1973 et 2006, taux comparé à celui d'un groupe témoin de80 000 suédois dits "normaux".

Les résultats montrent que les cas de violence extrême concernent 5 % de la population générale contre 8 % chez les schizophrènes. Une différence infime et non significative qui met clairement en cause les idées reçues. On peut donc en conclure, comme les auteurs de l'étude, que les schizophrènes ne sont pas plus dangereux que n'importe qui.

Pourtant, il est clair que les violences extrêmes dues à la schizophrénie sont un fait réel. Pour l'expliquer, l'étude incrimine la consommation abusive de substances psychoactives (drogues). En effet chez les patients schizophrènes et toxicomanes, le taux de crimes s'élève à 28 % ! La maladie n'est donc en soi pas plus "violençogène", mais la toxicomanie associée si.

A travers cette étude, il espère apaiser les craintes que provoquent cette maladie mentale en soi (meilleure acceptation), expliquer les circonstances de la violence afin d'améliorer la prise en charge : si la toxicomanie associée est mieux détectée et soignée, les actes extrêmes devraient diminuer.

Loin du cas du Docteur Jeckyll et Mister Hyde, la schizophrénie peut se traduire d'autres façons que le dédoublement de personnalité : pensées désorganisées et incohérente, délires, hallucinations, troubles du comportement ou encore des émotions négatives. Elle touche un peu plus d'1 % de la population en France et doit avant tout faire l'objet d'accompagnement médical, plutôt que de stigmatisation des patients à l'occasion de la médiatisation d'un fait divers.

Source : Etude "Schizophrenia, substance abuse, and violent crime",Journal of the American Medical Association (JAMA), 20 mai 2009