Schizophrénie: des variations génétiques responsables d'un tiers du risque PDF Imprimer Envoyer

PARIS (AFP) — Plusieurs centaines de petites variations génétiques pourraient ensemble compter pour au moins un tiers du risque de développer une schizophrénie, selon trois études publiées mercredi par la revue scientifique britannique Nature.

Schizophrénie: des variations génétiques responsables d'un tiers du risqueLa schizophrénie est une maladie psychiatrique qui touche environ 1% de la population mondiale. Elle se manifeste par des épisodes aigus de psychose, pouvant inclure hallucinations et délire, et divers symptômes chroniques se traduisant par des troubles affectifs, intellectuels et psychomoteurs. Elle est considérée comme héritable à 70% au moins.

Une partie de ce travail sur des milliers d'individus suggère aussi l'existence de racines génétiques communes à la schizophrénie et à la maladie maniaco-dépressive, également appelée troubles bipolaires.

Un pas important avait été franchi l'an dernier en dévoilant dans la même revue plusieurs variations génétiques associées à la maladie mais ne correspondant qu'à un nombre plus limité de cas.

L'analyse de résultats mis en commun des trois études, portant sur 8.014 cas et 19.090 sujets non atteints, pointe en particulier une zone du chromosome 6 connue pour porter des gènes liés à l'immunité et aux infections et des gènes intervenant dans le contrôle de l'activation ou la désactivation des gènes.

Cette association pourrait expliquer comment des facteurs environnementaux affectent les risques de développer une schizophrénie, selon l'institut national américain de la santé mentale (NIMH).

Il évoque ainsi dans un communiqué les enfants dont les mères ont contracté la grippe pendant leur grossesse et qui auraient un risque plus élevé de développer la maladie.

"Individuellement, ces variations courantes n'entraînent pas de différences significatives, mais cumulées, elles jouent un rôle majeur et compte pour au moins un tiers -et probablement beaucoup plus- du risque de développer la maladie", commente Shaun Purcell du consortium international sur la schizophrénie (CIS/ISC).

Plus de 450 variations sur la zone suspecte du chromosome 6 et une zone du chromosome 22 figurent parmi les sites génétiques montrant les plus fortes associations avec la schizophrénie, selon ce important travail.

Le consortium SGENE, dédié à la recherche génétique sur la schizophrénie, a également mis en lumière une association significative entre des variations sur les chromosomes 11 et 18 qui pourraient contribuer à expliquer les déficits de concentration et de mémoire de la maladie.

La société deCODE genetics et le consortium MGS (Molecular Genetics of Schizophrenia) sont co-auteurs de ce vaste travail.

Source: Google.ca